Mouloungui au top, Varela en mode cow-boy
Trente points séparaient les deux équipes au coup d'envoi...Paris avec sa pléiade de vraies-fausses stars, le Gym avec son instabilité et/ou ses moyens limités. On pouvait presque imaginer les Azuréens tenter d'intimider les hommes d'Ancelotti en donnant des coups à défaut de pouvoir rivaliser techniquement. Finalement, c'est un peu la bonne surprise de la soirée, Nice a tenté d'exister par le jeu, sans complexe, porté par un bloc-équipe sans strass ni paillettes, avec l'ex-banni de Sochaux, Anin, dans les pattes de Motta. Et puis devant, même avec une CAN dans les jambes, Mouloungui a travaillé au corps la doublette Alex-Sakho. Disponible et bien en jambes, le Gabonais a fait passer quelques sueurs froides au banc parisien, un banc déjà agacé par la stérilité du tridente Nenê-Gameiro-Ménez. Le premier a rapidement été averti pour un pied haut, plus maladroit que méchant, sur Monzon, le second a été proche du néant total une nouvelle fois, alors que le troisième est retombé dans ses travers de soliste. Non, en réalité, le spectacle côté parisien était plus du côté du banc, avec un Makelele qui refusait de s'assoir et qui s'est fait chasser par Monsieur Varela au sortir du premier quart d'heure. On avait eu droit à "dégage!" avec l'assistant de Monsieur Chapron en décembre, on eut droit cette fois-ci à "assis!" lors de ce Nice-PSG...
Une attaque pathétique
Pour en revenir à Gameiro, on retiendra un grand pont (raté) improbable sur l'aile droite, une reprise en angle fermé sur Ospina, et puis c'est tout, tant et si bien que Carlo a rangé le Merlu pour sortir Hoarau du placard. Une demi-heure sur le terrain où le Réunionnais a tenté d'apporter sa présence aérienne, encore aurait-il fallu que les préposés aux centres montrent le bout de leur nez. Bisevac en première période, Maxwell en seconde ont bien tenté de déployer leurs ailes, mais force est de constater qu'on attendait plus de Ménez et de Nenê, beaucoup plus... L'international français s'est montré sous son plus mauvais jour, incapable de réussir une passe et un une-deux à trois mètres, pêchant par une absence totale de clairvoyance et un excès d'individualisme qui l'ont conduit à tenter un petit pont inutile aux abords des seize mètres en fin de match. Le second a carrément mangé la feuille de match. Lancé par Motta à la limite du hors-jeu, l'ancien Monégasque a tergiversé alors qu'il avait cinq bons mètres sur ses gardes du corps. Une feinte de frappe, des hésitations, le temps pour trois défenseurs azuréens de venir lui chiper le cuir...On se demande même si le meilleur Parisien ne fut pas Jallet-l'antistar, entré à la place d'un Alex à court de forme à la pause. L'ancien manceau s'est démené avec ses moyens, sa fraîcheur, et sa disponibilité au service du collectif, un mot galvaudé dans la capitale depuis plusieurs mois...
Trois tirs cadrés durant quatre-vingt-dix minutes et une copie qui ressemble plus à un brouillon indéchiffrable qu'à une idée de jeu limpide. A une semaine de recevoir Montpellier, l'ancien coach de Chelsea a du pain sur la planche, faute de quoi Giroud et ses acolytes pourraient jouer un bien mauvais tour aux coéquipiers de Sakho...Oui, car la seule équipe à mériter le titre de champion au soir de la 23ème journée c'est bien celle de René Girard!